—Ne faites pas attention à ce qu'il dit, ma chère Séléna, s'empressa de répondre Flammermont, c'est un fou!...
Et à Fricoulet:
—Si tu comptes là-dessus, tu peux t'apprêter à déchanter, mon vieux; maintenant que je sais à quoi m'en tenir sur ton compte, je vais jouer serré... Je serai savant, astronome, tout ce qu'on voudra... plutôt que de te céder ma place...
Il avait parlé suffisamment bas pour que la fille d'Ossipoff n'entendît qu'un chuchotement vague; Fricoulet, lui, pinça les lèvres et se tut, tandis que sous ses paupières mi-baissées, il attachait sur son ami un regard perçant, inquisiteur.
—Cela dit, poursuivit Gontran, parle-moi des nébuleuses.
L'ingénieur passa la main sur son front, comme pour chasser les mauvaises pensées qui obscurcissaient son cerveau.
Farenheit étendit le bras et son poing vint frapper en pleine poitrine (p. 179).
—Tu me demandais, il n'y a qu'un instant, si les nébuleuses avaient quelque rapport avec les autres astres: je te répondrai qu'il n'y en a aucun; Huggins a constaté dans le spectre des nébuleuses, dans celui de la nébuleuse du Dragon qu'il a particulièrement étudiée, trois raies brillantes, ce qui prouvait son état gazeux et la présence de l'azote comme principal élément constitutif, le second élément était l'hydrogène; quant à la troisième, elle n'a pu être identifiée avec celle d'aucun corps connu.
—Probablement un corps qui n'existe que dans cet astre... observa Gontran... mais, au fait, est-ce un astre, une nébuleuse?