—Eh bien! cria Flammermont, en colère, je croirai à ton astrologie lorsqu'elle t'aura prédit que tu seras un jour riche et marié.

—Cela se pourrait, répondit Fricoulet impassible.


[CHAPITRE VII]

LE CAUCHEMAR D'OSSIPOFF

ependant l'Éclair poursuivait sa route à travers l'espace, suivant imperturbablement une ligne conforme à sa force de propulsion et à la puissance d'attraction qui le contraignait à aller de l'avant, toujours de l'avant: tel un projectile, échappé de l'âme d'un canon, trace dans l'air une trajectoire mathématique, jusqu'au moment où les forces auxquelles il obéit l'abandonnant, il touche enfin, inerte, le sol d'où il est parti.

Déjà l'Étoile polaire était signalée et, dans le fond de la voie lactée, aux environs du point imaginaire où aboutit le prolongement de l'axe terrestre, une constellation singulière apparaissait, formant très nettement, en soleils étincelants, un W gigantesque.

C'était Cassiopée, et ce nom éveilla chez Gontran des souvenirs mythologiques remontant à l'époque où il étudiait sur les bancs du lycée, sans se douter le moins du monde qu'un jour luirait où il pourrait admirer de si près la filleule de la malheureuse mère d'Andromède.

Un à un lui revenaient les vers charmants par lesquels Ovide, dans ses Métamorphoses, raconte les malheurs de la princesse d'Éthiopie qui, victime de la présomption de sa mère assez audacieuse pour comparer sa beauté à celle des Néréides, filles de Neptune, avait été attachée sur un rocher pour y être dévorée par un dragon marin.