Fricoulet ouvrait la bouche pour répliquer; Ossipoff ne lui laissa pas le temps de prononcer une syllabe.

—Et savez-vous ce qui se passe?... eh bien! ce globe se dirige en droite ligne vers un autre corps obscur, dont la marche est plus lente, mais dont la masse attire irrésistiblement le premier, dont la vitesse va s'accélérant, chaque seconde...

—Nous allons assister à un choc, alors! s'écria l'ingénieur.

Le vieillard se frotta énergiquement les mains.

—Je l'espère bien.

Une ombre inquiète passa sur le front de Gontran.

—N'y a-t-il pas à craindre, murmura-t-il, que l'Éclair n'obéisse à l'attraction de ces deux masses et qu'un péril quelconque...

—Nous sommes trop éloignés... répondit le vieillard.

Pendant qu'ils causaient, Fricoulet s'était assis au télescope.

—Voilà un spectacle qui ne sera pas banal, déclara-t-il; la rencontre de deux mondes lancés l'un vers l'autre avec une vitesse de plusieurs centaines de kilomètres par seconde... Il n'y a pas d'accidents de chemin de fer qui puissent donner une idée de ça...