Quant au Serpent qu'Ophiuchus tient à la main, Flammermont enregistra quelques étoiles d'éclat variable, quelques systèmes binaires et plusieurs amas stellaires dont il trouva les descriptions dans le fameux petit bouquin.

—Ah! soupirait-il tout en écrivant, pourquoi cet imbécile de Fricoulet ne m'a-t-il pas remis plus tôt ce catéchisme astronomique?... cela aurait évité bien des discussions...

Il le trouva même si commode, ce catéchisme, que, pour en avoir plus rapidement terminé avec la corvée imposée par le désir d'Ossipoff, il se contenta de copier presque textuellement ce qui avait trait à la Grande-Ourse, négligeant la recommandation que lui avait faite l'ingénieur de se servir du télescope, pour contrôler l'exactitude de sa lecture.

Seulement, par compensation, il joignit à ses notes un croquis décalqué sur un dessin du volume et qui donnait une vue, assez nette en ses détails, de la Grande-Ourse.

—Ouf! s'écria-t-il avec un énorme soupir de soulagement en refermant le bouquin... le pensum est terminé.

Et, semblable à un véritable écolier, il envoya au plafond son chapeau mou, manifestation joyeuse qui sortait absolument de ses habitudes de correction diplomatique.

Après quoi, il monta à pas de loup l'escalier, entra dans la cabine d'Ossipoff, remit à Séléna, toujours assise au chevet de son père, les notes rédigées par lui et put ensuite s'étendre sur son hamac où il ne tarda pas à s'endormir du sommeil d'un homme dont la conscience est tranquille. Quand il s'éveilla, il constata que le hamac de Fricoulet était vide.

—J'ai donc dormi bien longtemps! murmura-t-il.

Il jeta un coup d'œil sur son chronomètre et constata que l'aiguille avait, depuis qu'il s'était couché, fait le tour entier du cadran.