On applaudit encore.

Alors, un membre du congrès—disons tout de suite qu'il était âgé, et ne marchait qu'en s'appuyant sur des cannes—fit observer que l'endroit même où était tombé le bradyte allait rendre peut-être bien pénibles les opérations multiples et longues, assurément, auxquelles il s'agissait de se livrer.

De l'endroit où l'on se trouvait à Las Pueblas—en admettant qu'on prît le village comme domicile—il y avait une distance qu'il faudrait parcourir à pied, les moyens de transport manquant totalement; ne serait-ce pas là une bien grande fatigue pour les membres du congrès, qui n'étaient plus jeunes, la science ne venant généralement qu'avec l'âge?...

Un murmure approbatif accueillit ces paroles; mais alors Sharp se leva, et, les sourcils froncés, demanda d'une voix grondeuse:

—Comment mon honorable collègue entend-il résoudre la question? car je ne suppose pas qu'il veuille nous proposer de nous en retourner sans avoir tout mis en œuvre pour parvenir au but que nous nous sommes proposé en venant au Brésil?

Ainsi interpellé, l'«honorable collègue» s'empressa de répliquer que c'était lui faire injure que de lui prêter de semblables intentions; la vérité, c'est qu'à son sens, il serait plus pratique et pour la santé des éminents savants, ses collègues, et pour le résultat à obtenir, de mettre le centre des opérations à Rio.

Ce fut un tollé général: habiter Rio, alors que le pivot des opérations était ici!... quelle perte de temps!... et aussi quelle fatigue!... c'était déraisonnable, au possible...

Mais l'orateur avait son idée.

—Vous ne me comprenez pas, messieurs et chers collègues, répondit-il avec un grand calme. Si j'émets la proposition de faire de Rio le centre de nos opérations, c'est qu'il ne me semble pas impossible d'y transporter...

—Le bradyte, peut-être! s'exclama-t-on de toutes parts.