—Vos soldats nous ont chassés cette nuit, et, sans armes, nous ne pouvons avoir la folle prétention de lutter contre eux; aussi avons-nous pensé que peut-être pourrions-nous nous entendre sur un autre terrain: chacun de nous est disposé à verser au gouvernement brésilien vingt-cinq livres sterling contre la remise d'un demi-kilogramme par voyageur, de ceci...
En disant cela, il frappait le bolide du talon de son soulier jaune...
Ce fut une explosion de colère; les injures, dans toutes les langues du globe pleuvaient sur la tête du malheureux parlementaire, volontiers, les savants se seraient livrés à des voies de fait, si le président du Conseil des Ministres ne l'avait couvert de son corps.
—Messieurs... messieurs, déclara-t-il, la personne d'un parlementaire est sacrée.
Alors, Fédor Sharp s'avança, et d'une voix qui tremblait d'indignation:
—Allez dire à vos compagnons, déclara-t-il, que vous êtes des vandales! et qu'avant de porter vos mains sacrilèges sur le sol que voici, il vous faudra passer sur nos cadavres...
Des applaudissements éclatèrent.
L'Anglais inclina la tête très flegmatiquement et répondit:
—Je ferai votre commission; mais le trésor du Brésil n'est pas si riche pour qu'il repousse aussi facilement une somme de vingt-cinq mille livres...
Il tourna les talons et se retira, emmené par l'officier qui lui servait de guide.