—Monsieur Fricoulet, supplia-t-il, au nom de Dieu, je vous en conjure...
Comme il achevait ces mots, Gontran revenait à lui et, tout comme l'Américain, le jeune comte commença par douter de la réalité.
Mais un incident vint fort à propos, heureusement, déchirer les voiles qui enveloppaient leur cerveau et les contraindre à toucher du doigt la vérité...
Au dehors, un bourdonnement de voix se faisait entendre, croissant à chaque seconde, pour atteindre tout à coup une intensité formidable; en même temps que, les volets subitement arrachés, apparurent derrière les vitres des pyramides humaines, montrant des têtes curieuses entassées les unes sur les autres.
C'était la population entière du village, augmentée des habitants des environs qui, mise en éveil par la fuite épouvantée des docteurs, venait contrôler, de visu, ce qu'il y avait de vrai dans cette prétendue résurrection.
Et, lorsqu'ils aperçurent les voyageurs debout près des couchettes sur lesquelles plusieurs de ceux-là mêmes qui regardaient les avaient étendus, le miracle éclata aux yeux de tous et une formidable exclamation poussée par des centaines de poitrines vint prouver aux oreilles de Farenheit et de Gontran que, cette fois, ils foulaient bien du pied le sol de la planète natale...
L'Américain ne courut pas, il vola jusqu'à l'une des fenêtres, l'ouvrit toute grande et, brandissant à bout de bras sa casquette de voyage, hurla à pleins poumons:
Nos corps reprenaient le chemin de la terre (p. 374).
—Hurrah!... hurrah!...