—Que désirez-vous, monsieur Ossipoff?

—Avoir votre avis sur la situation; voici près de vingt-quatre heures que je suis en observation et mes idées commencent à ne plus être très nettes;... mais vous avez dû réfléchir, de votre côté,... où pensez-vous que nous nous trouvons actuellement?...

—Mais dans la Voie Lactée, répondit le jeune homme avec assurance; n'est-ce pas, Fricoulet...

—Ce n'est pas M. Fricoulet que j'interroge, mais vous, mon cher ami, répliqua Ossipoff avec un petit claquement de langue impatienté.

Et il ajouta, plissant les lèvres pour mieux marquer en quel médiocre estime il tenait les connaissances scientifiques de l'ingénieur:

—Pourquoi, pendant que vous y êtes, ne demandez-vous pas aussi l'avis de M. Farenheit?

Celui-ci entrait précisément en cet instant et s'écria:

—Mon avis! jamais..... pour le cas que l'on en fait... Ah! si on l'avait toujours suivi, mon avis... on aurait commis moins de bêtises qu'on en a commises... Et, d'abord, nous ne serions pas ici...

L'Américain avait prononcé ces mots tout d'une traite, avec une volubilité telle que l'on eût vainement tenté de l'arrêter; mais quand il eut fini, Ossipoff lui dit dédaigneusement: