—Mon cher monsieur Farenheit, dit alors l'ingénieur d'une voix ferme, en s'avançant vers le forcené, voulez-vous me laisser regarder vos yeux...

En parlant, il étendait les bras pour arrêter l'Américain au passage; mais l'autre bondit à l'extrémité de la pièce, continuant de pousser des cris effroyables. Alors, l'ingénieur fit signe à Gontran, à Ossipoff et, à un muet signal, tous les trois se jetèrent sur le malheureux qu'ils réussirent à ligoter et à maintenir immobile sur un siège.

—Tenez-lui les mains, ferme, derrière le dos, ordonna Fricoulet à Ossipoff, et toi, Gontran, empêche-le de bouger la tête.

Pendant que le vieillard empoignait les bras de l'Américain, le second lui saisissait la tête et Fricoulet, pinçant habilement entre ses doigts les paupières supérieure et inférieure de l'œil, les écartait, mettant largement l'œil à découvert.

—Ah! le pauvre diable! murmura-t-il, tandis que ses sourcils se contractaient d'un air de mauvaise humeur...

Et, répondant aux regards interrogateurs que ses compagnons attachaient sur lui:

—La rétine est bien malade, fit-il.

—Mais la raison?

—Ce maudit télescope, parbleu!... étant de quart, pour se désennuyer un peu, M. Farenheit aura voulu regarder Alpha du Centaure et la chaleur, concentrée au foyer de l'oculaire, lui aura cuit la rétine... Est-ce bien cela?...