Ce fut en prononçant ces douces paroles qu'elle mourut. Pascal lui ferma les yeux, se pencha pour l'embrasser, et, grave:
—Sois tranquille, mère, ma part d'héritage, ce sera ta bonté...
Et comme si, au seuil de l'éternité où elle entrait, la morte eût entendu cette promesse suprême, son front pâli rayonna, et ses traits resplendirent d'une céleste beauté.
Le lendemain des obsèques, Jean Carvajan appela son fils dans le cabinet témoin de leur premier désaccord, et, la voix sèche:
—Mon garçon, le malheur qui vient de nous atteindre, dit-il, va modifier certainement notre existence. Je désirerais, avant de prendre une résolution, connaître tes projets.
—Mes projets sont fort simples, mon père: si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je quitterai la Neuville...
—Tu es libre, répondit Carvajan, dont le front se plissa au souvenir cuisant de ses espérances déçues.
—C'est bien... Alors je partirai demain.
—Quand tu voudras revenir... ma maison te sera ouverte.
—Je vous remercie.