Le domestique s'éloigna. Le docteur fit quelques pas dans le vestibule, regardant distraitement le mobilier de chêne sculpté, les jardinières pleines de fleurs, les plats de faïence accrochés à la muraille, et le vaste pot de porcelaine de Chine, dans lequel étaient serrées, comme dans un fourreau, les ombrelles multicolores et les cannes de bois variés. Il se disait: Il me fuit, c'est clair... Mais Clémence me donnera peut-être une indication utile... Je vais affronter la bête féroce dans son antre... Bah! elle ne me fait pas peur... Elle ne dévore que ceux qui s'y prêtent.

Une portière se souleva, et le domestique reparut:

—Si monsieur veut me suivre...

Ils traversèrent un salon, un boudoir, et arrivés devant une porte vitrée, à travers laquelle les verdures apparaissaient, le valet se rangea pour laisser passer Davidoff. Par un petit sentier bordé de lycopodes, serpentant entre les palmiers, les daturas et les gommiers, Clémence, vêtue d'une robe de foulard rose, serrée à la taille par une ceinture de vieil argent ciselé, ornée de grenats cabochons, s'avançait souriante, un petit arrosoir à la main.

—Bonjour, docteur, quelle heureuse fortune vous amène? dit-elle.

D'un geste gracieux elle montra sa main noircie par un peu de terre de bruyère, et gaiement:

—Moi, je suis le médecin des fleurs. J'étais en train de donner une consultation à ces plantes...

—Elles vont bien?

—Pas mal, merci!