A — L’innocence victime d’ambitieuses intrigues : — La Princesse Maleine ; La Fille naturelle de Gœthe, les Deux Jumeaux de Hugo.
B — Dépouillée par ceux qui devaient la protéger : — Les Convives et le début des Joueurs d’Osselets d’Eschyle (au premier frémissement du grand arc aux mains du Mendiant inconnu, quel souffle d’espérance devait s’élever, enfin !), les Corbeaux de Becque.
C 1 — La puissance dépossédée et misérable : — Débuts des Pélées de Sophocle et d’Euripide, du Prométhée enchaîné, de Job ; Laërte dans son jardin.
2 — Favori ou familier se voit oublié : — En détresse (M. Fèvre, 1890.)
D — Des malheureux sont dépouillés de leur seul espoir : — Les Aveugles de Maeterlinck.
Et que de cas encore ! les Juifs en captivité, la Case de l’oncle Tom, les horreurs de la guerre de cent ans, les ghettos envahis, l’appareil qui attire la foule aux reproductions du bagne et des scènes de l’Inquisition, l’attrait des Prisons de Pellico, de l’Enfer du Dante, l’amertume enivrante du Gautama, de l’Ecclésiaste, de Schopenhauer.
VIIIe SITUATION
Révolte
(Tyran — Conspirateur)
Réciproque partielle, comme j’ai dit, de B de la VIe.
L’intrigue, si chère au public de ces trois derniers siècles, est du moins fournie par la nature propre du sujet que nous abordons. Mais, par un étrange hasard, on l’a presque toujours traité, au contraire, avec la plus grande candeur. Une ou deux péripéties, quelques surprises vraiment trop faciles à prévoir et étendues uniformément à tous les personnages de la pièce, voilà les agréments presque invariables qu’on a attachés à cette action, — si propice pourtant aux doutes, à l’équivoque, l’« entre chien et loup », crépuscule dont la vague incertitude ne prépare que mieux l’aurore de la révolte et de la liberté !