Indications pour modifier :

Le mari trahi, la femme trahie peuvent être plus ou moins puissants et sympathiques que les deux meurtriers. L’aveuglement de cette victime désignée sera plus ou moins complet aux divers instants de l’action ; s’il se dissipe, légèrement ou davantage, cela tiendra soit à quelque hasard, soit à tel acte imprudent de ses ennemis, soit à un avertissement, etc.

Entre la Victime et l’Adultère venu du dehors, des liens d’affection, de devoir, de reconnaissance auront existé antérieurement, du fait de l’un ou de l’autre des deux. Ils peuvent être parents ; ils peuvent se trouver réunis par quelque œuvre, quelque responsabilité commune. Poursuivie en pleine lumière, ou guettée du fond de l’ombre, la Victime sera, je suppose, l’objet d’une ancienne rancune, dans un cas de la part de son conjoint, dans un autre de la part de l’Étranger ; cette rancune aura pour origine l’une des offenses imaginables envers un être humain, qu’il ait été blessé dans ses affections familiales, amoureuses, humanitaires, religieuses, idéales, etc., dans ses fiertés (pudeur, titre de naissance, gloire…), dans ses intérêts (argent, biens, pouvoir, liberté), dans n’importe lequel, enfin, de ses rayonnements extérieurs.

Au gré de l’auteur : des deux Adultères, l’un représentera l’instrument passionné ou résigné, ou inconscient, ou involontaire, de l’autre, et s’en verra, par exemple, rejeté ensuite, le but une fois atteint ; un seul de ces deux traîtres aura frappé ; aucun des deux même n’aura trempé ses mains dans le forfait, dont l’exécuteur sera quelque nouveau personnage, inconscient, involontaire, ou, tout simplement, épris d’un des deux Adultères, — qui aura utilisé, dirigé cette passion, ou l’aura laissée aller, de son propre mouvement, à la fin criminelle et souhaitée.

Une multitude d’autres rôles seront, à degrés divers, des moyens employés, des obstacles, des victimes accessoires, des complices ou des co-intéressés à l’acte sinistre ; et celui-ci s’accomplira selon un choix quelconque des multiples circonstances que le Code a prévues, avec les divers détails que les tribunaux enseignent.

Voulez-vous compliquer l’action : entrelacez-y une rivalité de proches (comme l’a fait Léon Hennique), un amour contre nature (voir Chrysippe d’Euripide), une conspiration, un projet ambitieux.

XVIe SITUATION
Folie

(Le Fou — La Victime)

L’origine des actes se perd dans un mystère effrayant, où l’antiquité croyait voir le sourire cruel d’un dieu, où notre science, après la sagesse chinoise, croit reconnaître le désir, prolongé, d’un ancêtre… Réveil frissonnant de la raison, lorsqu’elle trouve à ses côtés son destin jonché de cadavres ou de déshonneurs, que l’autre, l’inconnu, vient d’y répandre à plaisir ! Comme autour de cette calamité, plus grande que la mort, nos proches pleurent et tremblent ! comme leurs esprits doutent de tout ! Et les victimes dont les cris se perdent en les cieux muets, les aimés poursuivis avec rage et ne comprenant plus… Que d’inconsciences : folie, possession, aveuglement divin, hypnose, ivresse, oubli.

A 1 — Par folie tuer ses proches : — Les Tisseurs de filets et Athamas d’Eschyle, les Hercules furieux d’Euripide et de Sénèque, Ino d’Euripide.