A 1 — Apprendre qu’on a épousé sa mère : — Les Œdipes d’Eschyle, de Sophocle, de Sénèque, de Corneille, de Voltaire, sans parler de ceux d’Achæus, de Philoclès, de Mélitus, de Xénoclès, de Nicomaque, de Carcinus, de Diogène, de Théodecte, de Jules César, ni de ceux de Jean Prévost, de Nicolas de Sainte-Marthe, de Lamothe, de Ducis, de M.-J. Chénier, etc. Le plus grand éloge de Sophocle, c’est l’étonnement qu’on éprouve de ce que ni tant d’imitations, ni la légende romanesque trop connue de l’abandon sur le Cythéron, ni le mythe, peu moderne, du Sphynx, ni la différence d’âge entre les deux époux (question capitale pour notre temps, où les actes d’état-civil remplacent peu à peu les primordiaux sentiments humains !), rien de tout cela, dis-je, n’ait fait paraître l’œuvre dénuée de tout naturel au public.

2 — Apprendre qu’on a eu pour maîtresse sa sœur : — La fiancée de Messine de Schiller. Ce cas, évidemment plus fréquent, prend de l’invraisemblance à être combiné avec la XIXe dans ce drame. Ex. roman. : les Enfants naturels de Sue.

B 1 — Apprendre qu’on a épousé et qu’on allait posséder sa sœur : — Le mariage d’André (MM. Lemaire et de Rouvre, 1882 ; selon le procédé comique, il ne s’agit que d’une erreur ; et le drame « finit bien »). Abufar de Ducis rentre dans une catégorie voisine.

2 — Même cas, où le crime avait été machiavéliquement préparé par un tiers : — Héraclius ; cela donne, nécessairement et malgré tout le génie possible, plutôt la sensation d’un cauchemar que de la réalité terrible.

3 — Être sur le point de prendre sa sœur inconnue pour maîtresse. Et la mère, témoin, hésite à révéler le danger, de peur de porter un coup fatal à son fils : — les Revenants d’Ibsen.

C — Être sur le point de violer sa fille inconnue. — Ex. fragm. : la Dame au domino rose de Bouvier (1882).

D 1 — Sur le point de commettre un adultère par ignorance (les seuls cas que je sache au théâtre) : — le Roi cerf et l’Amour des trois oranges, de Gozzi l’un et l’autre.

Cependant, le subterfuge qui souvent sert d’origine à cette aventure et à la suivante a dû être mainte fois employé par l’adultère pour triompher de la fidélité conjugale.

2 — Être adultère sans le savoir : — peut-être l’Alcmène d’Eschyle. Roman : la fin du Titan de Jean-Paul.

Les diverses modifications de l’inceste et les autres amours interdites, qu’on trouvera à la XXVIe, s’accommoderont très bien de la même manière que les œuvres ci-dessus classées.