(Rival inférieur — Rival supérieur — Objet)

J’aurais voulu ne faire de cette donnée et la suivante (Adultère) qu’une seule : la différence gît dans un contrat ou une cérémonie, d’importance variable, selon les milieux, et qui ne change pas, en tout cas, considérablement les émotions dramatiques à naître du combat pour l’amour ; cette différence même devient absolument insensible dans les sociétés polygames (drames indous) ; j’aurais donc préféré créer une situation indépendante avec une nuance de telle autre. Mais j’ai craint qu’on ne m’accusât de refouler, de parti pris, les œuvres modernes dans un nombre de catégories aussi restreint que possible ; les deux que nous allons analyser en contiennent en effet la majeure partie.

Déjà nous avions remarqué qu’entre « Haine » et « Rivalité de proches », la seule dissemblance venait de ce que, pour la dernière, s’incarnait, sous forme humaine, l’Objet disputé, le Casus belli. Pour la même raison nous pouvons rapprocher ces données, « Rivalité d’inégaux », « Adultère », voire « Adultère meurtrier », que déjà nous vîmes, de toutes les Situations (Ve, VIIe, VIIIe, IXe, Xe, XIe, XXXe, XXXIe) qui dépeignent la lutte pure et simple. Toutefois, l’Objet aimé s’élance mieux des cas présents de rivalités, assez sentimentaux, qu’il ne pouvait le faire des rivalités de proches ; et nulle part ailleurs occasion aussi favorable ne se présente au poète dramatique pour dessiner son idéal amoureux, puisqu’ici l’énergie des efforts n’aura d’explication que par la beauté de la femme ou de l’homme qu’on s’y arrache.

Les cas se divisent, d’abord, par sexes, puis selon les degrés hiérarchiques des rivaux.

A — Rivalités masculines, 1 — d’un mortel et d’un immortel : — Mrigancalekha de Viswanatha, le Ciel et la Terre de Byron ; — de deux divinités inégales : — Pandore, de Voltaire.

2 — D’un homme simple et d’un magicien : Tanis et Zélide de Voltaire (Nuance recommandée à M. le Sâr Péladan).

3 — D’un conquérant et d’un conquis : — Malati et Madhava de Bhavabouti, le Tribut de Zamora (Gounod, 1881), le Saïs (Mme Ollognier, 1881) ; — d’un vainqueur et d’un vaincu : — Alzire de Voltaire ; — d’un maître et d’un banni : — Appius et Virginie de Webster, Hernani, Dante (Godard, 1890), Mangeront-ils ? de Hugo ; — d’un usurpateur et d’un dominé : — le Triumvirat, de Voltaire.

4 — D’un roi suzerain et de rois vassaux : — Attila, de Corneille.

5 — D’un roi et d’un seigneur : — Le Chariot de terre cuite de Soudraka, le Moulin et la Nina de Plata de Lope, Agésilas et Suréna de Corneille, Démétrius de Métastase, le fils de Porthos (M. Blavet, 1886).

6 — D’un puissant et d’un homme nouveau : — Don Sanche de Corneille.