C 1 — Jalousie réciproque suggérée à deux époux par une rivale (devenue rivale par orgueil) : — Le Portrait de Massinger.

2 — Jalousie suggérée au mari par un soupirant éconduit : — Artémire de Voltaire, le Chevalier Jean (M. Joncières, 1885).

3 — Jalousie suggérée au mari par une femme qui en est éprise : — Malheur aux pauvres (M. Bouvier, 1881).

4 — Jalousie suggérée à l’épouse par une rivale dédaignée : — Les Phtiotides de Sophocle.

5 — Jalousie suggérée à un amant heureux par le mari trompé : — Jalousie (M. Vacquerie, 1888).

Le nombre d’éléments dramatiques mis en jeu fait déjà prévoir une quantité très grande de combinaisons pour cette situation, — dont le public est toujours disposé, du reste, à accepter les invraisemblances, fussent-elles énormes. Sans abuser de cette indulgence particulière, nous remarquons, du premier coup d’œil, que presque tous les drames ci-dessus traitent de la jalousie chez l’homme et non chez la femme ; or l’expérience nous montre les femmes tout aussi enclines que les hommes à se laisser égarer par une envieuse, une rivale, ou par quelque soupirant décidé à tirer, de leur douleur, un plaisir hors de sa portée sans cela. Traduire au féminin les cas que nous vîmes nous donnera donc une nombreuse série de données nouvelles. — En dehors de l’orgueil, de l’intérêt, de l’amour, du dépit et des rivalités, il se présente beaucoup d’autres mobiles pour le traître ou la traîtresse ; les mobiles énoncés aussi peuvent se peindre sous des nuances non encore usitées. — Le dénouement (en général un meurtre rapide et direct ; dans un seul cas, un suicide, et, dans un autre, un divorce) prête à être varié, raffiné, et fortifié de personnages secondaires et instrumentaux. J’en dirai autant pour les divers nœuds de l’intrigue, — pour ces fausses preuves, ces suggestions diaboliques d’où jaillira la jalousie.

XXXIIIe SITUATION
Erreur judiciaire

(Celui qui se trompe — Celui qui en est victime — Celui ou ce qui trompe — le vrai Coupable)

Par erreur judiciaire j’entends toute espèce d’erreur de jugement, ne se commît-elle que dans la pensée d’une seule personne, au détriment d’une autre.

Je partagerai les exemples que j’en fournis en quatre classes. Dans la 1re, la prétendue faute est imaginaire, et un simple hasard a produit l’erreur fatale. Dans la 2e classe, il y a eu faute commise ; mais, au lieu du vrai coupable, c’est un innocent qui est poursuivi ; toutefois personne n’a égaré volontairement sur celui-ci les soupçons. Dans la 3e classe, au contraire, quelqu’un a dirigé par vengeance ou intérêt cette injuste accusation sur un ennemi personnel. Enfin, dans la 4e, ce perfide calomniateur est le criminel lui-même, qui fait ainsi poursuivre un innocent à sa place.