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Un paléographe qui travaillait à la table voisine leva la tête et me dit: «La particule n'a jamais été une preuve de noblesse; au contraire, le plus souvent, elle indique la bourgeoisie propriétaire, qui a commencé par ceux que l'on appelait les gens de franc alleu. On les désignait par le nom de leur terre, et l'on distinguait même les branches diverses par la désinence variée des noms d'une famille. Les grandes familles historiques s'appellent Bouchard (Montmorency), Bozon (Périgord), Beaupoil (Saint-Aulaire), Capel (Bourbon), etc. Les de et les du sont pleins d'irrégularités et d'usurpations. Il y a plus: dans toute la Flandre et la Belgique, de est le même article que le der allemand, et signifie le. Ainsi, de Muller veut dire: le meunier, etc.—Voilà un quart de la France rempli de faux gentilshommes. Béranger s'est raillé lui-même très-gaiement sur le de qui précède son nom, et qui indique l'origine flamande.»

On ne discute pas avec un paléographe; on le laisse parler.

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Cependant, l'examen de la lettre D dans les diverses séries de catalogues n'avait pas produit de résultat.

—D'après quoi supposez-vous que c'est du Bucquoy, dis-je à l'obligeant bibliothécaire qui était venu en dernier lieu.

—C'est que je viens de chercher ce nom aux manuscrits dans le catalogue des archives de la police: 1709, est-ce l'époque?

—Sans doute; c'est l'époque de la troisième évasion du comte de Bucquoy.

—Du Bucquoy!... c'est ainsi qu'il est porté au catalogue des manuscrits. Montez avec moi, vous consulterez le livre même.