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En nous levant, nous allâmes parcourir les bois encore enveloppés des brouillards d'automne, que peu à peu nous vîmes se dissoudre en laissant reparaître le miroir azuré des lacs. J'ai vu de pareils effets de perspective sur des tabatières du temps... Je revis l'île des Peupliers, au delà des bassins qui surmontent une grotte factice, sur laquelle l'eau tombe, quand elle tombe... Sa description pourrait se lire dans les idylles de Gessner.
Les rochers qu'on rencontre en parcourant les bois sont couverts d'inscriptions poétiques. Ici:
Sa masse indestructible a fatigué le temps,
ailleurs:
Ce lieu sert de théâtre aux courses valeureuses
Qui signalent du cerf les fureurs amoureuses.
ou encore, avec un bas-relief représentant des Druides qui coupent le gui:
Tels furent nos aïeux dans leurs bois solitaires!
Ces vers ronflants me semblent être de Roucher... Delille les aurait faits moins solides.
M. René de Girardin faisait aussi des vers.—C'était en outre un homme de bien. Je pense qu'on lui doit les vers suivants, sculptés sur une fontaine d'un endroit voisin, que surmontent un Neptune et une Amphytrite, légèrement décolletée comme les anges et les saints de Châalis: