—Peut-être, si elle y consent et si je le puis; en attendant, nous partons pour Beyrouth.

—Vous savez qu'une fois en France, elle est libre?

—Je la regarde comme libre dès à présent.

—Savez-vous aussi que, si elle s'ennuie en France, vous serez obligé de la faire revenir en Égypte à vos frais?

—Mais j'ignorais cela!

—Vous ferez bien d'y songer. Il vaudrait mieux la revendre ici.

—Dans une ville où est la peste? Ce serait peu généreux!

—Enfin, c'est votre affaire, dit le chancelier.

Il expliqua le tout au consul, qui finit par sourire et qui voulut présenter l'esclave à sa femme. En attendant, on nous fit passer dans la salle à manger, dont le centre était occupé par une grande table ronde. Ici commença une cérémonie nouvelle.

Le consul m'indiqua un bout de la table où je devais m'asseoir; il prit place à l'autre bout avec son chancelier et un petit garçon, son fils sans doute, qu'il alla chercher dans la chambre des femmes. Le janissaire se tenait debout à droite de la table pour bien marquer la séparation.