—Oh! oui. Ces pauvres gens sont bien malheureux; on les tue, on les brûle, on éventre leurs femmes, on détruit leurs arbres, leurs moissons.

—Pardon; mais nous nous figurons, en France, que ce sont eux, au contraire, qui oppriment les chrétiens!

—Oh! Dieu! non, les pauvres gens! Ce sont de malheureux cultivateurs qui ne pensent à rien de mal; mais vous avez vos capucins, vos jésuites, vos lazaristes qui allument la guerre, qui excitent contre eux les Maronites, beaucoup plus nombreux; les Druses se défendent comme ils peuvent, et, sans l'Angleterre, ils seraient déjà écrasés. L'Angleterre est toujours pour le plus faible, pour celui qui souffre....

—Oui, dis-je, c'est une grande nation.... Ainsi, vous êtes parvenu à pacifier les troubles qui ont eu lieu ces jours-ci?

—Oh! certainement. Nous étions là plusieurs Anglais; nous avons dit aux Druses que l'Angleterre ne les abandonnerait pas, qu'on leur ferait rendre justice. Ils ont mis le feu au village, et puis ils sont revenus chez eux tranquillement. Ils ont accepté plus de trois cents Bibles, et nous avons converti beaucoup de ces braves gens!

—Je ne comprends pas, fis-je observer au révérend, comment on peut se convertir à la foi anglicane; car enfin, pour cela, il faudrait devenir Anglais.

—Oh! non.... Vous appartenez à la Société évangélique, vous êtes protégé par l'Angleterre; quant à devenir Anglais, vous ne pouvez pas.

—Et quel est le chef de la religion?

—Oh! c'est Sa gracieuse Majesté, c'est notre reine d'Angleterre.