—Eh bien, est-ce que le barbarin ne sait rien faire?
—Oh! rien. Il est ici pour ouvrir la porte et tenir la maison propre, voilà tout.
—Et vous-même, ne seriez-vous pas capable de mettre au feu un morceau de viande, de préparer quelque chose enfin?
—C'est de moi que vous parlez? s'écria Abdallah d'un ton profondément blessé. Non, monsieur, je ne sais rien de semblable.
—C'est fâcheux, repris-je en ayant l'air de continuer une plaisanterie; nous aurions pu, en outre, déjeuner avec des sauterelles ce matin; mais, sérieusement, je voudrais prendre mes repas ici. Il y a des bouchers dans la ville, des marchands de fruits et de poisson.... Je ne vois pas que ma prétention soit si extraordinaire.
—Rien n'est plus simple, en effet: prenez un cuisinier. Seulement, un cuisinier européen vous coûtera un talari par jour. Encore les beys, les pachas et les hôteliers eux-mêmes ont-ils de la peine à s'en procurer.
—J'en veux un qui soit de ce pays-ci, et qui me prépare les mets que tout le monde mange.
—Fort bien, nous pourrons trouver cela chez M. Jean. C'est un de vos compatriotes qui tient un cabaret dans le quartier cophte, et chez lequel se réunissent les gens sans place.