L'occupation principale des dames égyptiennes est le soin de leurs enfants; elles ont aussi la surintendance des affaires domestiques; mais, assez généralement, c'est le mari seul qui fait et règle les dépenses. Les heures de loisir sont employées à coudre, à broder surtout des mouchoirs de poche et des voiles. Les broderies sont ordinairement en soie de couleur et or; elles se font sur un métier nommé menseg, qui est ordinairement en bois de noyer, incrusté de nacre de perle et d'écaille de tortue (les plus communs sont en hêtre).—Beaucoup de femmes, même de celles qui sont riches, arrondissent leurs bourse particulière en brodant des mouchoirs et autres objets qu'elles donnent à une dellaseh (courtière), qui les porte et les expose dans un bazar, ou qui tâche de s'en défaire dans un autre harem. La visite des femmes d'un harem à celles d'un autre harem occupe souvent presque une journée. Les femmes, ainsi réunies, mangent, fument, boivent du café et des sorbets; elles babillent, font parade de leurs objets de luxe, et tout cela suffit à leur amusement. A moins d'affaires d'une nature très-pressante, le maître de la maison n'est pas admis à ces réunions de femmes, et il doit, dans ce cas, donner avis de son arrivée, afin que les visiteuses aient le temps de se voiler ou de se retirer dans une autre partie de l'appartement. Les jeunes femmes, étant ainsi libres de toute crainte de surprise, se laissent aller à leur gaieté et à leur abandon naturels, et souvent à leur esprit folâtre et bruyant.
[1] Le marié, s'il est jeune et célibataire, doit paraître timide, et c'est un de ses amis qui, feignant de lui faire violence, le porte jusqu'à la chambre nuptiale du harem.
[2] Le kohel est un collyre aromatique qui noircit les paupières supérieures et inférieures, et que l'on obtient en brûlant des coquilles d'amandes auxquelles on ajoute certaines herbes.
Le henné est une poudre végétale avec laquelle les femmes teignent certaines parties de leurs mains et de leurs pieds.
[3] Les femmes ôtent leur voile en présence des eunuques et des jeunes garçons.
[4] Une grande partie de cette étude est, en effet, traduite ou imitée de l'ouvrage de William Lane.
[5] Lorsqu'une femme refuse d'obéir aux ordres légaux de son mari, il peut (et généralement cela se pratique) la conduire, accompagné de deux témoins, devant le cadi, où il porte plainte contre elle; si le cas est reconnu vrai, la femme est déclarée par un acte écrit nashizeh, c'est-à-dire rebelle à son mari: cette déclaration exempte le mari de loger, vêtir et entretenir sa femme. Il n'est pas forcé au divorce, et peut, en refusant de divorcer, empêcher sa femme de se remarier tant qu'il vit. Si elle promet de se soumettre par la suite, elle rentre dans ses droits d'épouse, mais il peut ensuite prononcer le divorce.