—O bey! par l'honneur de la queue de ton cheval; ô bey! par l'honneur du bandeau de ta tête, ô bey!

Après une vingtaine d'appels aussi absurdes faits à la générosité du nazir, le patient cesse d'être battu, on l'emmène et on le met en prison. Autre scène: la femme du prisonnier vient le voir et lui demande comment il se trouve; il lui répond:

—Fais-moi le plaisir, ma femme, de prendre quelques œufs et quelques pâtisseries, et porte-les à la maison du Cophte en le priant d'obtenir ma liberté.

La femme rassemble les objets demandés et les porte dans trois paniers chez le Cophte; elle demande s'il est est là; on lui dit que oui; elle se présente et dit:

—O Mahlem-Hannah! fais-moi la grâce d'accepter ceci, et d'obtenir la délivrance de mon mari.

—Quel est-il, ton mari?

—C'est le fellah qui doit mille piastres.

—Apportes-en deux ou trois cents comme tribut au cheik-el-beled.

La femme va chercher de l'argent et délivre son mari.

On voit par là que la comédie sert, pour le peuple, à donner des avertissements aux grands et à obtenir des améliorations et des réformes; c'était souvent le sens et le but de l'art dramatique du moyen âge. Les Égyptiens en sont encore là.