Vers la fin du premier jeudi après les funérailles, et même souvent dans la matinée de ce jour, les femmes de la famille du défunt recommencent leurs lamentations dans la maison mortuaire; quelques-unes de leurs amies se joignent à elles; dans l'après-midi, ou le soir du même jour, les hommes qui furent les amis de la maison y viennent aussi pour faire visite, et trois ou quatre fakirs y font des prières. Le vendredi matin, les femmes se rendent au tombeau, où elles observent le même cérémonial que celui qui a lieu lors de l'inhumation. En partant, elles placent une branche de palmier sur la tombe ou elles distribuent aux pauvres des gâteaux et du pain. Ces cérémonies se renouvellent aux mêmes jours correspondants, pendant quarante jours après les funérailles. (Voir la Genèse, liv. III.)

Parmi les paysans de la haute Égypte, il existe une singulière coutume: les parentes et amies de la personne décédée se rassemblent devant sa maison pendant les trois premiers jours qui suivent les funérailles, afin d'y pousser des cris lamentables et d'y exécuter des danses étranges; elles barbouillent de boue leur visage, leur gorge et une partie de leur habillement, et elles s'attachent autour de la taille, en guise de ceinture, une corde faite d'une herbe grossière appelée halfa. (Cette coutume existait chez les anciennes Égyptiennes; voir Hérodote, livre II. chap. XXV.) Chacune d'elles agite convulsivement dans sa main un bâton de palmier, une lance ou un sabre nu; elles dansent en même temps d'un pas lent, mais d'une manière irrégulière, en levant et en abaissant leur corps. Cette danse dure une heure et même deux, et on la répète deux ou trois fois par jour. Après le troisième jour, les femmes visitent le tombeau du défunt et y déposent leurs ceintures de cordes; puis on tue d'ordinaire un agneau, ou un chevreau, comme sacrifice expiatoire, et un festin termine la cérémonie.


[1] Les pauvres se servent souvent des feuilles d'alizier séchées et pilées en guise de savon.

[2] Le kifen est souvent aspergé d'eau du puits de Zemzem, qui se trouve dans le temple de la Mecque.

[3] On voit souvent sur les murs des tombeaux des anciens Égyptiens, où sont représentées des scènes funèbres, des femmes parlant une bande semblable autour de la tête.

[4] Les musulmans croient que les corps des méchants sont douloureusement oppressés par la terre, qui se serre dans la tombe contre leurs flancs, quoiqu'elle soit toujours faite très-large.

[5] Le prophète avait pourtant défendu de graver soit le nom de Dieu, soit aucune parole du Coran sur les tombeaux, qu'il avait prescrit de construire bas et uniquement en briques nues.

[6] Sale, dans son discours préliminaire, sect. IV, a énuméré les opinions des musulmans au sujet de l'état des âmes dans le temps qui s'écoule entre la mort et le jugement.