—Hud-Hud s'efforce de vous faire entendre que la source de la poésie est là, dit la reine.

—Je ne le sens que trop, répondit le roi, depuis que j'ai le bonheur de vous contempler. Laissons ce discours; ma reine fera-t-elle à son serviteur indigne l'honneur de visiter Jérusalem, mon palais, et surtout le temple que j'élève à Jéhovah sur la montagne de Sion?

—Le monde a retenti du bruit de ces merveilles; mon impatience en égale les splendeurs, et c'est la servir à souhait que de ne point retarder le plaisir que je m'en suis promis.

A la tête du cortége, qui parcourait lentement les rues de Jérusalem, il y avait quarante-deux tympanons faisant entendre le roulement du tonnerre; derrière eux venaient les musiciens vêtus de robes blanches et dirigés par Asaph et Iditimie; cinquante-six cymbaliers, vingt-huit flûtistes, autant de psaltérions, et des joueurs de cithare, sans oublier les trompettes, instrument que Gédéon avait mis jadis à la mode sous les remparts de Jéricho. Arrivaient ensuite, sur un triple rang, les thuriféraires, qui, marchant à reculons, balançaient dans les airs leurs encensoirs, où fumaient les parfums de l'Iémen. Soliman et Balkis se prélassaient dans un vaste palanquin porté par soixante et dix Philistins conquis à la guerre....

La séance était terminée. On se sépara en causant des diverses péripéties du conte, et nous nous donnâmes rendez-vous pour le lendemain.


[1] Saba ou sabbat,—matin.

[2] La huppe, oiseau augural chez les Arabes.