—C'est qu'il faudrait une vigueur....
—Il faut un marteau. Celui de Tubal-Kaïn a ouvert le cratère de l'Etna pour donner un écoulement aux scories de nos usines.
Adoniram entendit le bruit d'un morceau de fer qui tombe; il se baissa et ramassa un marteau pesant, mais parfaitement équilibré pour la main. Il voulut exprimer sa reconnaissance; l'ombre avait disparu, et l'aube naissante avait commencé à dissoudre le feu des étoiles.
Un moment après, les oiseaux qui préludaient à leurs chants prirent la fuite au bruit du marteau d'Adoniram, qui, frappant à coups redoublés sur les bords de la vasque, troublait seul le profond silence qui précède la naissance du jour....
Cette séance avait vivement impressionné l'auditoire, qui s'accrut le lendemain. On avait parlé des mystères de la montagne de Kaf, qui intéressent toujours vivement les Orientaux. Pour moi, cela m'avait paru aussi classique que la descente d'Énée aux enfers.
[1] Les Éloïms sont des génies primitifs que les Égyptiens appelaient les dieux ammonéens. Dans le système des traditions persanes, Adonaï ou Jéhovah (le dieu des Hébreux) n'était que l'un des Éloïms.
[2] Selon une tradition du Talmud, ce serait l'épouse même de Noé qui aurait mêlé la race des génies à la race des hommes, en cédant aux séductions d'un esprit issu des dives. Voir le Comte de Gabalis, de l'abbé de Villars.