[An du monde 3708; 489.] Guerre de Tarente, où les Latins et les Grecs commencent à prendre connaissance les uns des autres. Lorsque les Tarentins maltraitèrent les vaisseaux des Romains, et ensuite leurs ambassadeurs, ils alléguèrent pour excuse, selon Florus, qu'ils ne savaient qui étaient les Romains, ni d'où ils venaient. Tant les premiers peuples se connaissaient peu, à une distance si rapprochée, et lors même qu'aucune mer ne les séparait!
[3849; 552.] Seconde guerre punique. C'est en commençant le récit de cette guerre que Tite-Live déclare qu'il va écrire désormais l'histoire romaine avec plus de certitude, parce que cette guerre est la plus mémorable de toutes celles que firent les Romains. Néanmoins il avoue son ignorance sur trois circonstances essentielles: d'abord il ne sait sous quels consuls, Annibal, vainqueur de Sagonte, quitta l'Espagne pour aller en Italie, ni par quelle partie des Alpes il exécuta son passage, ni quelles étaient alors ses forces; il trouve sur ce dernier article la plus grande diversité d'opinions dans les anciennes annales.
D'après toutes les observations que nous avons faites sur cette table, on voit que tout ce qui nous est parvenu de l'antiquité païenne jusqu'au temps où nous nous arrêtons, n'est qu'incertitude et obscurité. Aussi nous ne craignons pas d'y pénétrer comme dans un champ sans maître, qui appartient au premier occupant (res nullius, quæ occupanti conceduntur.) Nous ne craindrons point d'aller contre les droits de personne, lorsqu'en traitant ces matières nous ne nous conformerons pas, ou que même nous serons contraires, aux opinions que l'on s'est faites jusqu'ici sur les origines de la civilisation, et que par là nous les ramènerons à des principes scientifiques. Grâce à ces principes, les faits de l'histoire certaine retrouveront leurs origines primitives, faute desquelles ils semblent jusqu'ici n'avoir eu ni fondement commun, ni continuité, ni cohérence.
CHAPITRE II.
AXIOMES.
Maintenant pour donner une forme aux matériaux que nous venons de préparer dans la table chronologique, nous proposons les axiomes philosophiques et philologiques que l'on va lire, avec un petit nombre de postulats raisonnables, et de définitions où nous avons cherché la clarté. Ainsi que le sang parcourt le corps qu'il anime, de même ces idées générales, répandues dans la science nouvelle, l'animeront de leur esprit dans toutes ses déductions sur la nature commune des nations.
1-22. AXIOMES GÉNÉRAUX.
1-4. Réfutation des opinions que l'on s'est formées jusqu'ici des commencemens de la civilisation.