[393] D'où le pays Attoariensis au pays de Langres. Longnon o. c. p. 96.

[394] Une dizaine de localités françaises portent le nom de Marmagne, sur l'origine duquel v. Quicherat, Essai sur la formation française des noms de lieu, p. 28.

[395] Vita Eustasii dans Mabillon, Acta Sanct. O. S. B. II, p. 109; ils ont laissé leur nom à Varais près de Besançon.

[396] Aumenancourt.

[397] Finot, Le pagus Scodingorum dans la Biblioth. de l'École des Chartes. t. 33.

[398] Barbarus qui lege salica vivit. Lex Salica, passim.

Outre ces groupes épars, trop faibles pour échapper à l'absorption même s'ils l'avaient voulu, l'Entre-Seine-et-Loire contenait deux autres peuples plus compacts, plus nombreux, et qu'il n'était pas si facile de priver de leur indépendance. C'étaient les Saxons et les Bretons. Les uns et les autres constituaient de vraies nationalités fort distinctes des Gallo-Romains, avec lesquels ils n'avaient rien de commun que la participation au même sol. Quelles furent les relations de Clovis avec eux?

Les Saxons étaient répandus tout le long du littoral de la Manche, depuis la Belgique jusqu'aux confins de la Bretagne; au delà de cette presqu'île, ils occupaient encore les rivages de la Loire à son embouchure. Toutes ces régions portaient dès le premier siècle, dans les documents de l'Empire, le nom de Rivage saxonique. Nous distinguons sur cette vaste étendue trois groupes de ces barbares. Le premier était formé par les colonies saxonnes établies en grand nombre dans le Boulonnais et aux abords du Pas-de-Calais: ils avaient été incorporés dans le royaume franc, selon toute apparence, dès le temps de Clodion[399]. Un second groupe, plus considérable, occupait le Bessin et avait pour centres les villes de Bayeux et de Coutances. Ici, les Saxons étaient tellement nombreux qu'ils semblent avoir formé la majorité de la population[400]. Encore à la fin du sixième siècle, nous voyons qu'ils ont conservé leurs caractères nationaux et qu'ils forment comme une enclave germanique au milieu du royaume franc. Chose remarquable, ils avaient dans une certaine mesure germanisé les populations romaines au milieu desquelles ils vivaient; du moins est-ce parmi le clergé de cette région que nous rencontrons les plus anciens noms germaniques[401].

[399] V. ci-dessus p. 74 et p. 180.

[400] Sur les Saxons de Bayeux (Baiocassini Saxones) v. Grégoire de Tours, Hist. Franc. V, 26; X, 9.