—Périssent tous les ennemis de la sainte Russie et de la foi orthodoxe! continua le prince.
—Périssent les Tatars! périssent les ennemis de la religion russe! crièrent les brigands. Mène-nous contre les Tatars! Où sont-ils ces mécréants qui brûlent nos églises? conduis-nous, conduis-nous! s'écriait-on de toutes parts.
—Au feu le Tatar! fit quelqu'un.
—Au feu! au bûcher! répétèrent tout de suite un grand nombre.
—Attendez, enfants, reprit le prince; interrogeons-le d'abord régulièrement. Réponds, dit-il, en se tournant vers le prisonnier, combien êtes-vous et où campez-vous?
Le Tatar fit signe qu'il ne comprenait pas.
—Permets, prince, dit Fedka, nous allons lui délier la langue. Passe-moi un charbon, Khlopko. C'est cela; veux-tu parler maintenant?
—Je parlerai, s'écria le Tatar à l'approche du feu.
—Êtes-vous nombreux?
—Très-nombreux.