—Eh bien? Je ne comprends pas…
—Peut-être Kitty l'a-t-elle refusé? Elle ne vous l'a pas dit?
—Non, elle ne m'a parlé ni de l'un ni de l'autre: elle est trop fière; mais je sais que tout cela vient de ce…
—Mais songez donc, si elle avait refusé Levine! je sais qu'elle ne l'aurait jamais fait sans l'autre, et si ensuite elle a été si abominablement trompée?»
La princesse se sentait trop coupable pour ne pas prendre le parti de se fâcher.
«Je n'y comprends plus rien! Chacun veut maintenant en faire à sa tête, on ne dit plus rien à sa mère, et ensuite…
—Maman, je vais la trouver.
—Vas-y, je ne t'en empêche pas,» répondit la mère.
III
En entrant dans le petit boudoir de Kitty, tout tendu de rose, avec ses bibelots de vieux saxe, Dolly se souvint du plaisir qu'elles avaient eu toutes les deux à décorer cette chambre l'année précédente; combien alors elles étaient gaies et heureuses! Elle eut froid au coeur en regardant maintenant sa soeur immobile, assise sur une petite chaise basse près de la porte, les yeux fixés sur un coin du tapis. Kitty vit entrer Dolly, et l'expression froide et sévère de son visage disparut.