… La chasse fut excellente. Stépane Arcadiévitch tua encore deux pièces, et Levine également deux, dont l'une ne se retrouva pas. Le jour baissait de plus en plus. Vénus à la lueur argentée se montrait déjà au couchant, et au levant Arcturus brillait de son feu rouge un peu sombre. Levine apercevait par intervalles la Grande Ourse. Les bécasses ne se montraient plus, mais Levine résolut de les attendre jusqu'à ce que Vénus, qu'il distinguait entre les branches de son bouleau, s'élevât à l'horizon, et que la Grande Ourse fût entièrement visible. L'étoile avait dépassé les bouleaux, et le char de la Grande Ourse brillait déjà dans le ciel, qu'il attendait encore.

«N'est-il pas temps de rentrer?» demanda Stépane Arcadiévitch.

Tout était calme dans la forêt: pas un oiseau n'y bougeait.

«Attendons encore, répondit Levine.

—Comme tu voudras.»

Ils étaient en ce moment à quinze pas l'un de l'autre.

«Stiva, s'écria tout à coup Levine, tu ne m'as pas dit si ta belle-soeur était mariée, ou si le mariage est près de se faire?» Il se sentait si calme, son parti était si résolument pris, que rien, croyait-il, ne pouvait l'émouvoir. Mais il ne s'attendait pas à la réponse de Stépane Arcadiévitch.

«Elle n'est pas mariée et ne songe pas au mariage, elle est très malade, et les médecins l'envoient à l'étranger. On craint même pour sa vie.

—Que dis-tu là? cria Levine. Malade…., mais qu'a-t-elle? Comment…..»

Pendant qu'ils causaient ainsi, Laska, les oreilles dressées, examinait le ciel au-dessus de sa tête et les regardait d'un air de reproche.