—Pourquoi ressembleriez-vous à une autre qu'à vous-même? Restez donc ce que vous êtes, dit Varinka en souriant de son sourire doux et fatigué.

—Non, je ne suis pas bonne du tout….. Voyons, dites-moi….. Attendez, asseyons-nous un peu, dit Kitty en la faisant rasseoir sur un banc près d'elle. Dites-moi, comment peut-il n'être pas blessant de penser qu'un homme a méprisé votre amour, qu'il l'a repoussé!

—Il n'a rien méprisé: je suis sûre qu'il m'a aimée. Mais c'était un fils soumis…

—Et s'il n'avait pas agi ainsi pour obéir à sa mère? Si de son plein gré…? dit Kitty, sentant qu'elle dévoilait son secret, et que son visage, tout brûlant de rougeur, la trahissait.

—Dans ce cas, il aurait mal agi, et je ne le regretterais plus, répondit
Varinka, comprenant qu'il n'était plus question d'elle, mais de Kitty.

—Et l'insulte? dit Kitty: peut-on l'oublier? C'est impossible, dit-elle en se rappelant son regard au dernier bal lorsque la musique s'était arrêtée.

—Quelle insulte? vous n'avez rien fait de mal?

—Pis que cela, je me suis humiliée…..»

Varinka secoua la tête et posa sa main sur celle de Kitty.

«En quoi vous êtes-vous humiliée? Vous n'avez pu dire à un homme qui vous témoignait de l'indifférence que vous l'aimiez?