«Au revoir!»

En ce moment, Stépane Arcadiévitch, son chapeau planté de côté, le visage animé et les yeux brillants, entrait en vainqueur dans le Jardin. À la vue de sa belle-mère, il prit une expression triste et confuse pour répondre aux questions qu'elle lui adressa sur la santé de Dolly; puis, après avoir causé à voix basse d'un air accablé, il se redressa et prit le bras de Levine.

«Eh bien, partons-nous? Je n'ai fait que penser à toi, et je suis très content que tu sois venu, dit-il en le regardant d'un air significatif.

—Allons, allons,—répondit l'heureux Levine, qui ne cessait d'entendre le son de cette voix lui disant «au revoir», et de se représenter le sourire qui accompagnait ces mots.

—À l'hôtel d'Angleterre ou à l'Ermitage?

—Cela m'est égal.

—À l'hôtel d'Angleterre alors, dit Stépane Arcadiévitch, qui choisissait ce restaurant parce qu'il y devait plus d'argent qu'à l'Ermitage et qu'il trouvait, pour ainsi dire, indigne de lui, de le négliger. Tu as un isvostchik: tant mieux, car j'ai renvoyé ma voiture.»

Pendant tout le trajet, les deux amis gardèrent le silence. Levine pensait à ce que pouvait signifier le changement survenu en Kitty, et se rassurait pour retomber aussitôt dans le désespoir, et se répéter qu'il était insensé d'espérer. Malgré tout, il se sentait un autre homme, ne ressemblant en rien à celui qui avait existé avant le sourire et les mots «au revoir».

Stépane Arcadiévitch composait le menu.

«Tu aimes le turbot, n'est-ce pas? demanda-t-il à Levine au moment où ils arrivaient.