«Mettons que je ne t'ai rien dit, mais je vois que d'autres ont parlé, et cela m'afflige.»

Sa figure et son cou se marbraient de taches rouges, et elle faisait d'inutiles efforts pour lui répondre, car son frère avait deviné juste.

La petite princesse avait en effet beaucoup pleuré en lui confiant ses craintes: elle était sûre de mourir en couches, disait-elle, et se trouvait bien à plaindre... elle en voulait au sort, à son beau-père, à son mari. Puis, cette crise de larmes l'ayant épuisée, elle s'était endormie de fatigue.

Le prince André eut pitié de sa sœur.

«Écoute, Marie: je n'ai jamais rien reproché à ma femme, je ne l'ai jamais fait et ne le ferai jamais. Je n'ai également aucun tort envers elle, et je tâcherai de n'en jamais avoir.... Mais si tu tiens à savoir la vérité, à savoir si je suis heureux.... Eh bien! non, je ne le suis pas. Elle, non plus, n'est pas heureuse!... Pourquoi cela? je l'ignore.»

En achevant ces mots, il se pencha et embrassa sa sœur, mais sans voir le doux rayonnement de son regard, car ses yeux s'étaient arrêtés sur la porte entre-bâillée.

«Allons la retrouver, Marie, il faut lui dire adieu; ou plutôt vas-y d'abord et réveille-la, je vais venir.... Pétroucha! dit-il, en appelant son valet de chambre: viens ici, emporte-moi tous ces objets: tu mettras ceci à ma droite, et cela sous le siège.»

La princesse Marie se leva et s'arrêta à mi-chemin:

«André, si vous aviez la foi, vous vous seriez adressé à Dieu, pour lui demander l'amour que vous ne ressentez pas, et votre vœu aurait été exaucé!

—Ah oui! comme cela, peut-être bien!... Va, Marie, je te rejoins.»