«Ah! Bonedareneko, promène-le, veux-tu, dit-il en s'adressant au hussard avec cette affabilité familière et gaie habituelle aux bonnes natures lorsqu'elles se sentent heureuses.

—Entendu, Votre Excellence, répondit le Petit-Russien en secouant la tête avec bonne humeur.

—Fais attention, promène-le bien.»

Un autre hussard s'était également élancé vers le cheval, mais Bonedareneko avait aussitôt saisi le bridon; on voyait que le «junker» payait bien et qu'il était avantageux de le servir.

Rostow caressa doucement sa bête et s'arrêta sur le perron pour la regarder.

«Bravo, quel cheval cela fera!» se dit-il en lui-même, et, relevant son sabre, il monta rapidement les quelques marches en faisant sonner ses éperons.

L'Allemand propriétaire de la maison se montra, en camisole de laine et en bonnet de coton, à la porte de l'étable, où il remuait le fumier avec une fourche.

Sa figure s'éclaira d'un bon sourire à la vue de Rostow.

«Bonjour, bonjour, lui dit-il, en rendant son salut au jeune homme avec un plaisir évident.

—Déjà à l'ouvrage, lui dit Rostow, souriant à son tour, hourra pour l'Autriche, hourra pour les Russes, hourra pour l'empereur Alexandre!» ajouta-t-il en répétant les exclamations favorites de l'Allemand.