—Mais puisque je vous l'ôte!
—Ah! te voilà levé! dit Denissow, en entrant dans la chambre.
—Il y a beau temps... j'ai déjà été au fourrage et j'ai vu Fräulein Mathilde.
—Ah! Ah! Et moi, mon cher, je me suis enfoncé, comme une triple buse.... Une mauvaise chance du diable! Elle a commencé après ton départ.... Hé! du thé!» cria-t-il d'un air renfrogné.
Puis, grimaçant un sourire qui laissa voir ses dents petites et fortes, il passa ses doigts dans ses cheveux en broussailles.
«C'est le diable qui m'a envoyé chez ce Rat (c'était le surnom donné à l'officier).... Figure-toi... pas une carte, pas une!...»
Et Denissow, laissant tomber le feu de sa pipe, la jeta avec violence sur le plancher, où elle se brisa en mille morceaux. Après avoir réfléchi une demi-seconde en regardant gaiement Rostow de ses yeux noirs et brillants:
«Si au moins il y avait des femmes, passe encore, mais il n'y a rien à faire, excepté boire!... Quand donc se battra-t-on?... Hé, qui est là? ajouta-t-il, en entendant derrière la porte un bruit de grosses bottes et d'éperons, accompagné d'une petite toux respectueuse.
—Le maréchal des logis!» annonça Lavrouchka. Denissow s'assombrit encore plus.
«Ça va mal, dit-il, en jetant à Rostow sa bourse qui contenait quelques pièces d'or.... Compte, je t'en prie, mon ami, ce qui me reste, et cache ma bourse sous mon oreiller.»