—Ah! maman, vous vous fâchez? Ne vous fâchez pas, chère petite maman!... Voyons, est-ce ma faute?

—Non, mais que veux-tu, mon cœur! Veux-tu que j'aille le lui dire?

—Non, je le lui dirai moi-même, seulement enseignez-moi comment?... Vous riez? mais si vous l'aviez vu, quand il m'a fait sa déclaration.... Je sais bien qu'il n'en avait pas l'intention.... Ça lui a échappé!

—Soit, mais il faut alors que tu lui répondes par un refus.

—Ah! non, il ne faut pas le refuser,... il me fait tant de peine!... il est si bon!

—Eh bien, alors accepte-le, car il est vraiment grand temps de te marier, ajouta la comtesse, moitié riant et moitié fâchée.

—Pour cela non, maman, mais je t'assure qu'il me fait de la peine.... Comment lui dire cela?

—Aussi bien tu ne lui diras rien, c'est moi qui vais lui parler, dit la comtesse, qui commençait à trouver malséant qu'on pût considérer cette petite Natacha comme une grande personne.

—Non, pour rien au monde, je le dirai moi-même, vous n'avez qu'à écouter à la porte...» et Natacha rentra en courant dans la salle, où Denissow, assis au piano et la figure dans ses mains, était encore à la même place. Au bruit de ses pas, il releva la tête:

«Natacha, lui dit-il en s'approchant d'elle vivement, mon sort est entre vos mains... décidez!