«Je vous avertis, capitaine... cria l'un d'eux, maigre, de petite taille, et très irrité.
—Et moi je vous avertis que je ne rends rien!
—Vous en répondrez, capitaine, c'est du pillage... enlever les convois aux siens! Et nos soldats qui n'ont rien mangé depuis deux jours!
—Et les miens depuis deux semaines!
—C'est du brigandage, vous en répondrez! répliqua l'officier d'infanterie en haussant la voix.
—Laissez-moi donc tranquille! s'écria Denissow en s'échauffant tout à coup. Eh bien, oui, c'est moi qui répondrai, et pas vous! Que me chantez-vous là?... Prenez garde à vous. Marche!
—C'est bien! s'écria à son tour le petit officier, sans broncher, ni quitter la place.
—Au diable... marche!... et prenez garde à vous!... et Denissow fit tourner la tête au cheval de son antagoniste.
—Bien, bien, dit celui-ci d'un air menaçant et il prit un trot qui le secouait sur sa selle.
—Un chien, un chien vivant, un vrai chien sur une palissade!...» C'était la raillerie la plus sanglante qu'un cavalier pût adresser à un fantassin à cheval.—Je leur ai enlevé de force leur convoi! dit-il en riant et en s'approchant de Rostow.... Impossible de laisser nos hommes crever de faim!»