À peine avait-il disparu, que Sonia, tout en pleurs et les joues en feu, se précipita dans la serre. Natacha allait s'élancer vers elle, mais le plaisir de rester invisible et d'observer, ce qui se passait, comme dans les contes de fées, la retint immobile. Sonia se parlait à elle-même tout bas, les yeux fixés sur la porte du salon. Nicolas entra.

«Sonia, qu'as-tu? Est-ce possible? lui cria-t-il en courant à elle.

—Rien, je n'ai rien, laissez-moi!...»

Et elle fondit en larmes.

«Mais non, je sais ce que c'est!

—Eh bien! si vous le savez, tant mieux pour vous, allez la rejoindre.

—Sonia, un mot! Peut-on se tourmenter ainsi et me tourmenter moi, pour une chimère,» lui dit-il en lui prenant la main.

Sonia pleurait sans retirer sa main. Natacha, clouée à sa place, retenait sa respiration; ses yeux brillaient.

«Qu'est-ce qui va se passer? pensa-t-elle.

—Sonia, le monde entier n'est rien pour moi: toi seule tu es tout, et je te le prouverai!