«Natacha, je vous aime, vous le savez bien, mais....

—Êtes-vous amoureux de moi?

—Oui, je le suis. Mais, je vous en prie, ne recommençons plus..., ce que nous venons de faire.... Encore quatre ans... alors je demanderai votre main...»

Natacha se mit à réfléchir.

«Treize, quatorze, quinze, seize, dit-elle en comptant sur ses doigts. Bien, c'est convenu!...»

Et un sourire de confiance et de satisfaction éclaira son petit visage.

«C'est convenu! reprit Boris.

—Pour toujours, à la vie à la mort!» s'écria la fillette en lui prenant le bras et en l'emmenant, heureuse et tranquille, dans le grand salon.

XIV

La comtesse, qui s'était sentie fatiguée, avait fait fermer sa porte et donné ordre au suisse d'inviter à dîner tous ceux qui viendraient apporter leurs félicitations. Elle désirait aussi causer en tête-à-tête avec son amie d'enfance, la princesse Droubetzkoï, qui était revenue depuis peu de Pétersbourg.