«Vive l'Empereur! Vive le roi de Rome!»
Le déjeuner fini, Napoléon dicta devant Beausset son ordre du jour à l'armée.
«Courte et énergique,» dit-il après avoir lu cette proclamation qu'il avait dictée d'un jet.
«Soldats!
«Voilà la bataille que vous avez tant désirée! Désormais la victoire dépend de vous; elle nous est nécessaire, elle nous donnera l'abondance, de bons quartiers d'hiver et un prompt retour dans la patrie. Conduisez-vous comme à Austerlitz, à Friedland, à Vitebsk, à Smolensk, et que la postérité la plus reculée cite avec orgueil votre conduite dans cette journée; que l'on dise de chacun de vous: «Il était à cette grande bataille!
«Napoléon.»
Après avoir invité Monsieur de Beausset, qui aimait tant les voyages, à l'accompagner dans sa promenade, il sortit avec lui de sa tente, et se dirigea vers les chevaux qu'on venait de seller.
«Votre Majesté est trop bonne,» dit de Beausset, quoiqu'il eût fort envie de dormir et qu'il ne sût pas monter à cheval: mais, du moment que Napoléon avait incliné la tête, force fut à Beausset de le suivre.
À la vue de l'Empereur, les cris des vieux grognards qui entouraient le tableau devinrent frénétiques. Napoléon fronça les sourcils.
«Enlevez-le, dit-il en indiquant le portrait: il est encore trop jeune pour voir un champ de bataille!»