«Que vous arrive-t-il donc? lui demanda la comtesse avec intérêt.
—À moi, rien... pourquoi?... Ne m'interrogez pas, répondit-il, sentant que le regard joyeux de Natacha le pénétrait de son charme.
—Restez-vous à Moscou, ou le quittez-vous?»
Pierre se tut un moment:
«À Moscou? reprit-il, oui c'est bien cela, à Moscou!... Adieu!
—Comme je regrette de ne pas être homme, je serais restée avec vous, dit Natacha, car ce que vous faites est bien.... Maman, si vous permettez, je resterai!
—Vous avez été là-bas pendant la bataille, dit la comtesse en interrompant sa fille.
—Oui, j'y étais, dit Pierre, et demain il y en aura encore une.
—Mais qu'avez-vous? reprit Natacha: vous n'êtes pas comme habitude.
—Ah! ne me questionnez pas, je ne sais rien, mais demain.... Plus un mot, adieu, adieu! répéta-t-il. Dans quels temps épouvantables...» Et, laissant passer la voiture, il regagna le trottoir, tandis que Natacha le suivit longtemps encore de son sourire amical et un peu moqueur.