«Croyez-moi, dit Boris à Pierre, qui lui exprimait son désir de prendre part à la bataille, je vous ferai les honneurs du camp, et le mieux, à mon avis, serait de rester auprès du général Bennigsen, dont je suis officier d'ordonnance et que je préviendrai. Si vous voulez avoir une idée de la position, venez avec nous, nous allons au flanc gauche, et, quand nous en reviendrons, faites-moi le plaisir d'accepter mon hospitalité pour la nuit: nous pourrons même organiser une petite partie. Vous connaissez sans doute Dmitri Serguéïévitch? il campe là,—ajouta-t-il en indiquant la troisième maison de Gorky.

—Mais j'aurais désiré voir le flanc droit; On le dit très fort, et ensuite je voudrais bien longer la Moskva et toute la position?

—Vous le pourrez facilement, mais c'est le flanc gauche qui est le plus important.

—Pourriez-vous me dire où se trouve le régiment du prince Bolkonsky?

—Nous passerons devant, je vous conduirai au prince.

—Qu'alliez-vous dire du flanc gauche? demanda Pierre.

—Entre nous soit dit, répondit Boris en baissant la voix d'un air de confidence, le flanc gauche est dans une détestable position; le comte Bennigsen avait un tout autre plan: il tenait à fortifier ce mamelon là-bas, mais Son Altesse ne l'a pas voulu, car...»

Boris n'acheva pas, il venait d'apercevoir l'aide de camp de Koutouzow, Kaïssarow, qui se dirigeait de leur côté.

«Païssi Serguéïévitch, dit Boris d'un air dégagé, je tâche d'expliquer au comte notre position, et j'admire Son Altesse d'avoir si bien deviné les intentions de l'ennemi.

—Vous parliez du flanc gauche? demanda Kaïssarow.