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Si les hommes ne croient pas qu'il faut rendre le bien pour le mal, c'est uniquement en raison de ce fait qu'on les a habitués, depuis leur enfance, à croire qu'en ne rendant pas le mal, aucun ordre social ne saurait exister.

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S'il est vrai que les hommes bons souhaitent de voir cesser tous les méfaits: vols, misère, meurtres, tous les crimes qui souillent la vie humaine, ils doivent comprendre qu'on ne saurait y parvenir par la lutte et la vengeance. Toute chose engendre une chose à son image et tant que nous ne neutralisons pas les offenses et les violences des malfaiteurs par des actes absolument contraires et que nous continuons à agir comme eux, nous ne ferons qu'encourager et cultiver en eux tout le mal que nous désirons supprimer. Nous arriverons à redonner au mal un aspect différent, mais le fond restera.

D'après BALLOU.

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Des dizaines, des centaines d'années s'écouleront peut-être, mais il viendra un temps où nos petits enfants s'étonneront de nos châtiments comme nous nous étonnons aujourd'hui des autodafés et des tortures. «Comment pouvaient-ils ne pas voir l'ineptie, la cruauté, l'inutilité de ce qu'ils faisaient» diront nos descendants.


V.—Dans les rapports personnels des hommes, la vengeance doit faire place à l'amour fraternel et le mal ne sera plus enrayé par la violence.

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