IV.—La lutte contre la tentation de la vanité.

1

Pendant les premiers temps de sa vie, dans son enfance, l'homme vit principalement pour son corps: il mange, il boit, il joue, il s'amuse. C'est le premier degré. Plus l'homme grandit, plus il commence à se préoccuper de l'opinion des gens parmi lesquels il vit, et plus il commence à négliger les besoins de son corps pour ne penser qu'à la gloire des hommes. C'est le second degré. Le troisième et dernier degré est celui où l'homme se soumet surtout aux exigences de son âme et où il néglige le corps, les amusements et l'opinion publique, pour ne penser qu'à son âme.

2

Il est difficile de déroger tout seul aux coutumes établies; cependant, à chaque pas que l'on fait pour devenir meilleur, on se heurte contre l'usage établi et l'on subit la critique des gens. L'homme qui consacre sa vie à se perfectionner y doit être préparé.

3

C'est mal d'irriter les gens en dérogeant aux coutumes établies, mais c'est plus mal encore de déroger aux exigences de la conscience et de la raison en subissant les coutumes pernicieuses.

4

On ridiculise celui qui garde le silence, comme celui qui parle trop, comme celui qui parle trop peu; il n'y a pas un homme sur terre qu'on ne critique pas. Il n'y a jamais eu, il n'y a pas et il n'y aura jamais personne qu'on aurait toujours blâmé pour tout ce qu'il fait, de même qu'il n'y a personne qu'on aurait toujours loué. C'est pourquoi, il est inutile de se préoccuper ni des louanges, ni des blâmes des gens.