Lorsqu'un homme est habitué à ne vivre que pour l'opinion publique, il lui répugne, parce qu'il ne fait pas ce que font les autres, d'avoir la réputation d'un sot, d'un ignorant ou d'un vilain homme. Mais on doit travailler à tout ce qui est difficile. Et à cette œuvre, on doit travailler des deux côtés: apprendre à mépriser l'opinion des gens; apprendre à vivre pour de telles œuvres qui, bien qu'elles soient critiquées par la foule, n'en restent pas moins des bonnes œuvres.

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Les hommes vivent et agissent d'après leurs idées, ainsi que d'après les idées des autres. Suivant que les uns et les autres influencent leurs actes, les hommes se distinguent entre eux.

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Il est difficile de distinguer si tu sers les autres pour ton âme, pour Dieu, ou pour la gloire des hommes. Il n'y a qu'un seul moyen de contrôle: si tu accomplis une œuvre que tu crois bonne, demande-toi si tu continuerais à y travailler si tu savais d'avance que personne n'apprendrait jamais ce que tu fais. Si tu réponds que tu le ferais, c'est que tu travailles sûrement pour ton âme, pour Dieu.


VI.—Celui qui vit de la vraie vie n'a pas besoin de louanges.

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Vis seul, a dit le sage. Cela veut dire que tu dois résoudre le problème de ta vie tout seul, avec le concours du Dieu qui vit en toi, et non pas d'après les conseils et les opinions des autres.

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