IV.—Les superstitions religieuses.

1

C'est mal quand les hommes ne connaissent pas Dieu; mais c'est bien pis lorsque les hommes reconnaissent comme Dieu ce qui n'est pas Dieu.

LACTANCE.

2

Nous n'avons plus de religions. Les lois éternelles de Dieu, avec leur paradis et leur enfer, se sont tranformées en règles de philosophie pratique, fondées sur d'habiles calculs de profils et de pertes, avec un faible reste de respect pour les joies apportées par la vertu et la moralité élevée. Pour parler comme nos ancêtres, «nous avons oublié Dieu», et en nous servant de l'expression contemporaine, nous devons dire que nous comprenons faussement la vie du monde. Nous fermons tranquillement les yeux et ne voulons pas voir la réalité éternelle des choses, nous ne regardons que leur aspect trompeur.

Nous considérons tranquillement l'univers comme une grande éventualité incompréhensible: à son aspect extérieur, nous nous le représentons assez nettement comme un immense pré pour les bêtes, ou une maison de travail, de vastes cuisines avec des tables à manger, où seuls les gens raisonnables peuvent trouver une place.

Oui, nous n'avons pas de Dieu. Les lois de Dieu sont remplacées par Je principe du plus grand profit possible.

CARLYLE.

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