Plus l'homme souffre physiquement, mieux il se sent moralement. C'est pourquoi l'homme ne peut pas être malheureux. Le spirituel et le corporel sont comme deux fléaux d'une balance: plus le corporel est lourd, plus le spirituel s'élève, plus l'âme est bien, et vice versa.
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«La décrépitude, la sensibilité marquent l'évanouissement de la conscience et de la vie de l'homme», dit-on souvent.
Je me représente, d'après la légende, le vieux Jean Théologue, tombé dans l'enfance. Il n'aurait fait que répéter: «Mes frères, aimez-vous les uns les autres.»
Un petit vieillard centenaire, marchant avec peine, aux yeux larmoyants, marmottant toujours les mêmes trois mots: aimez-vous tous. Dans un tel homme, l'existence animale est presque imperceptible; elle s'est désagrégée sous l'action de la nouvelle conception du monde, du nouvel être qui n'a plus rien de charnel.
Un homme, comprenant la vie comme elle doit être comprise en réalité, ne saurait parler de l'amoindrissement de sa vie par les maladies et la vieillesse; ce serait se lamenter du fait qu'en s'approchant de la lumière, son ombre diminue à mesure qu'il avance.
V.—Ce que nous appelons le mal, ce sont nos fautes.
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Le mal est uniquement en nous, c'est-à-dire d'un endroit d'où l'on peut le chasser.