1

La question de savoir si notre vie finit avec le corps est très importante et on ne peut faire autrement que d'y réfléchir. Suivant que nous croyons à l'immortalité ou non, nos actes seront raisonnables ou insensés.

Ainsi, notre premier souci est de résoudre la question de savoir si nous mourons complètement lorsque la vie quitte le corps, ou si cette mort n'est pas complète, d'établir ce qui est immortel en nous. Lorsque nous aurons compris cela, il est évident que nous nous soucierons plus de ce qui est immortel que de ce qui est mortel.

La voix qui nous dit que nous sommes immortels est la voix de Dieu qui vit en nous.

D'après PASCAL.

2

L'expérience nous apprend que bien des gens informés de la doctrine sur la vie d'outre-tombe et convaincus de son existence, s'adonnent néanmoins aux vices et commettent des actes de bassesse en s'ingéniant à chercher les moyens qui leur permettraient d'éviter les conséquences de leur conduite qui les menacent dans l'avenir. Et en même temps, je doute qu'il ait jamais existé un seul homme moral sur la terre qui ait pu se faire à l'idée que tout finit avec la mort, et dont la noble tournure d'esprit ne se serait pas élevée jusqu'à l'espoir de la vie future. C'est pourquoi il me semble qu'il serait plus conforme à la nature humaine et à la pureté des mœurs de fonder la foi en la vie future sur les sentiments d'une âme noble, plutôt que de baser la noble conduite sur l'espoir d'une vie future.

KANT.

3

Il n'y a qu'une chose que nous sachions indubitablement: «La vie de l'homme est pareille à une hirondelle qui traverse la chambre.» Nous venons on ne sait d'où, et nous allons on ne sait où. Une obscurité impénétrable est derrière nous, des ombres épaisses sont devant nous. Quelle importance cela pourra-t-il avoir pour nous, lorsque notre moment sera venu, que nous ayons ou non mangé de bons plats, porté ou non des vêtements souples, laissé une fortune considérable ou aucune, que nous ayons recueilli les lauriers de la gloire ou que nous ayons été méprisés, que nous ayons été considérés comme des savants ou comme des ignorants, qu'est tout cela en comparaison de l'emploi que nous ayons fait du talent que le Maître nous a confié!