Je ne crois en aucune des religions existantes, et ne puis, par suite, être soupçonné de suivre aveuglément quelque tradition ou de subir l'influence de l'éducation. Mais, durant ma vie entière, j'ai réfléchi aussi profondément que j'en étais capable sur la loi de notre vie. Je l'ai cherchée dans l'histoire de l'humanité et dans ma propre conscience, et je suis arrivé à la conviction inébranlable que la mort n'existe pas, que la vie ne peut être qu'éternelle, que le perfectionnement infini est une loi de la vie, que chaque qualité, chaque idée, chaque tendance que je possède, doit avoir son développement pratique; que nous avons des capacités, des tendances qui dépassent, de beaucoup les éventualités de notre vie terrestre, que le fait même que nous en disposons et ne pouvons découvrir leur origine dans nos sens peut être considéré comme une preuve de ce quelles nous viennent des régions extra-terrestres et ne peuvent être réalisées que dans ces régions; que rien ne peut ici-bas, sauf les choses visibles, et que croire que nous mourons parce que notre corps meurt revient au même que de s'imaginer que l'ouvrier est mort parce que son outil s'est usé.
Joseph MAZZINI.
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Si l'espoir de l'immortalité était une illusion, on pourrait voir clairement qui sont ceux qui ont été trompés. Non pas les âmes basses et noires qui n'ont jamais envisagé cette grande pensée, non pas les gens endormis et distraits qui sont satisfaits du sommeil voluptueux de cette vie et du sommeil des ténèbres dans l'avenir, non pas les égoïstes aux idées étroites et qui sont plus mesquines encore dans l'amour. Non, pas eux. Ils auraient raison, et le bénéfice serait de leur côté. Ceux qui auraient été trompés, ce seraient les grands et les saints que les hommes vénèrent; les trompés seraient tous ceux qui ont vécu pour quelque chose de meilleur que leur bonheur personnel, et qui ont donné leur vie pour le bien commun.
Tous ces hommes auraient été trompés. Le Christ lui-même aurait souffert inutilement en donnant Son esprit au Père imaginaire, et Il aurait tort de croire qu'Il L'avait manifesté par Sa vie. Toute la tragédie du Golgotha ne serait qu'un malentendu: la vérité serait du côté de ceux qui se moquaient de Lui et désiraient Sa mort; elle serait également aujourd'hui du côté de ceux qui sont indifférents à la conformité avec la nature humaine qu'offre cette histoire soi-disant imaginaire. Qui vénérerait-on, qui croirait-on si l'inspiration des êtres supérieurs n'était que des fables ingénieusement combinées?
PARKER.
II.—Le principe du changement de l'existence qui a lieu pendant la vie corporelle est inaccessible à la raison humaine.
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Nous tâchons souvent de nous représenter la mort comme un passage dans une région inconnue; mais cette conception ne nous donne absolument rien. Il est tout aussi impossible de se représenter la mort, qu'il est impossible de se représenter Dieu. Tout ce que nous pouvons savoir, c'est que la mort, de même que tout ce qui vient de Dieu, est un bien.